Sous l’aile du corbeau – Trevor Ferguson

Sous l’aile du corbeau, de Trevor Ferguson, est un récit de déplacement : errance, fuite, poursuite… Des trajets, avec tout ce qu’ils contiennent de réflexions métaphysiques et de difficultés bien concrètes dues aux intempéries et à l’impénétrabilité de la forêt.

Dans ce roman, le personnage principal est clairement la nature, et toutes ses facettes : sa solitude, que le docteur Marifield a recherchée en venant s’établir sur cette poussière d’ile si loin de Vancouver ; sa puissance mortelle et implacable, violemment découverte par Henry quand il était enfant, en perdant une mère et une jambe dans un éboulement ; sa spiritualité, composée des souvenirs des hommes qui l’ont arpentée, et que cultive Billy, le jeune chef du clan indien des Corbeaux ; sa dimension de refuge, enfin, pour Thomas qui fuit un événement par trop douloureux depuis trente ans.

L’intrigue est résumable en quelques lignes : trois hommes se mettent à la recherche de Thomas l’ermite, et sont eux-mêmes poursuivis par un redoutable tueur de tigre. Tous sont hantés par le souvenir de la disparition d’une jeune femme locale, morte trente ans plus tôt. L’intrigue est simple à dessein ; ce qui compte dans ce roman, ce que Trevor Ferguson veut nous faire passer, c’est l’ambiance. L’ambiance d’antiques forêts pluviales et d’imposantes montagnes, le glauque, la violence et, en opposition, l’oubli et la paix que certains hommes y recherchent.

Ce qui aurait pu être la force de ce roman est malheureusement sa faiblesse. Même pour une lectrice comme moi, amatrice de romans ou de films « d’ambiance », je dois avouer la vérité : ce roman est franchement ennuyeux. Au début, je me suis accrochée en pensant qu’installer une ambiance en premier lieu pouvait être une bonne idée. Mais l’intrigue ne tarde pas – elle n’apparait tout simplement pas. Les péripéties sont extrêmement mineures. À partir de la page 230 (sur 315 environ), alors que j’avais tout lu jusque-là, j’ai sauté de grands passages pour arriver à la fin. Oui, la nature est belle mais impitoyable ! Je l’ai compris à la page 47. Je l’ai compris à la page 193. Je ne le relirai pas à la page 300 !

C’est donc une déception pour ce roman dont j’attendais beaucoup, vu mon affection pour The Timeskeeper du même Trevor Ferguson (improprement intitulé en français Train d’enfer : il y a bien un train dans l’histoire, mais c’est un élément qui reste assez marginal). Laissez-moi donc vous recommander plutôt The Timeskeeper, écrit presque vingt ans après Sous l’aile du corbeau (le premier roman de Trevor Ferguson), qui est également un roman « d’ambiance » qui décrit un microcosme, mais où le rythme et l’intrigue sont beaucoup mieux maitrisés.

Claire

Édition utilisée : FERGUSON Trevor, Sous l’aile du corbeau, 1977. Pour mon édition en français : 2010, Les éditions de la Pleine Lune, Québec, traduit de l’anglais (Canada) par Ivan Steenhout.

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