Les mondes d’Aldebaran – Leo

Les mondes d’Aldebaran, j’ai commencé à en parler très vite autour de moi… Et je me suis promis de vous en parler en arrivant environ à la moitié de l’œuvre. Il s’agit d’une œuvre passionnante, étendue (car il s’agit d’un cycle de BD qui compte pour l’instant pas moins de 23 tomes), et qui met en avant des héroïnes incroyables ! La richesse des univers créés, la personnalité des héroïnes, le sens du rythme et de l’aventure que Leo met dans sa série m’ont prise dans l’histoire, au point de dévorer tous les tomes en un temps record !

Laissez-moi vous raconter le début de l’histoire… En 2179, la colonie extra-terrestre d’Aldébaran est coupée de toute communication avec la Terre depuis une centaine d’années à cause de problèmes technologiques irrésolus. La petite colonie a donc dû se développer en autarcie, développant une capitale, Anatolia, et une multitude de villages qui vivent notamment de la pêche, sur cette planète à 90 % recouverte d’eau. Deux adolescents nés dans un village reculé, Kim et Marc, vont faire connaissance avec une créature gigantesque, inconnue malgré les 100 ans d’étude des océans sur Aldébaran…

Pour Kim, ce n’est que le début d’une aventure incroyable… Elle va prendre part à des expéditions vers d’autres planètes, en compagnie de femmes et d’hommes intrépides ou dangereux.ses. Il est difficile de vous en dire plus sans vous gâcher le plaisir de la découverte du premier cycle.

Il est compliqué de parler dans une critique de toutes les thématiques abordées par Leo, tant l’univers qu’il a développé est grand et cohérent (sans compter que l’action se déroule sur plusieurs années). L’œuvre de Leo brasse tous les sujets qui font débat dans notre société, à l’heure actuelle : l’écologie, la colonisation, le droit à la différence, les régimes totalitaires, les sectes et leur influence sur l’exercice du pouvoir, les relations entre différentes espèces… Une question qui, entre autres, revient souvent, est la thématique des droits des femmes. Kim en bave bien souvent « seulement » parce qu’elle est née femme, dans sa vie quotidienne ou dès qu’elle se trouve confrontée à des pouvoirs gouvernants. Leo interroge par exemple la position de femmes dans une secte religieuse, et l’intérêt des politiques natalistes qui imposent comme seul et unique devoir aux femmes de procréer.

Si cet élément a retenu mon attention, il ne faut pas croire qu’il s’agit d’une dystopie ! Leo essaye de donner à son œuvre un souffle, non pas fataliste, mais profondément réaliste et humain, en imaginant – avec toutes ses implications : sociétales, gouvernementales, écologiques, etc. – comment se déroulerait la vie des femmes et des hommes à l’époque de la colonisation d’autres planètes.

J’en entends déjà certain.e.s dire : « certes, cette série a l’air bien écrite, mais c’est dans l’espace, sur une autre planète, c’est de la science-fiction ». Je prie ceux.elles-là de tenter l’expérience, ne serait-ce que pour le dessin de Leo. Car, à force de parler du fond, vous ne vous rappelez peut-être même plus qu’il s’agit d’une BD ! Leo a un talent fabuleux pour découper l’action de manière très inspirée par le cinéma. Il a un sens visuel très présent. Il y a de la vie dans ses dessins, les personnages tournent, bondissent, certaines perspectives sont ahurissantes, développées sur des doubles-pages… L’immensité et la nouveauté de son univers, de sa faune et de sa flore ne laisseront pas les amateur.rice.s de bande-dessinée de marbre.

Je m’arrête ici. Un seul mot d’ordre : laissez-vous embarquer par cette œuvre humaniste, questionnante, insaisissable, à la frontière de différents genres !

Claire

Édition utilisée: LEO (Luiz Eduardo de Oliveira), Les mondes d’Aldebaran. Série composée de cinq cycles (Aldebaran/Bételgeuse/Antarès/Les Survivants/Retour sur Aldébaran). Dargaud (éd.), 1994-présent.

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