Le meurtre du Commandeur – Haruki Murakami

Le meurtre du Commandeur est le dernier roman du grand romancier japonais Haruki Murakami. On retrouve cet auteur dans une histoire plaisante, que l’on traverse avec intérêt. Ce n’est sans doute pas son chef-d’œuvre (selon moi, il s’agit de la trilogie 1Q84), mais il s’agit d’un roman distrayant, bien écrit, à l’ambiance et aux personnages travaillés.

Il faut savoir que j’aime beaucoup Haruki Muraki, ainsi que sa traductrice vers le français, Hélène Morita. Je pense que c’est ce qui m’avait le plus attirée dans 1Q84 : ce mélange d’histoire passionnante, prenante, et cette écrite fine, soignée, aux phrases déliées. Bien sûr, je ne comprends pas le japonais, je suis donc infiniment admirative d’Hélène Morita, qui retransmet (ou améliore ? dépendant de comment l’on conçoit le travail des traducteur.rice.s) au mieux l’écriture policée, telle que je l’imagine, de Haruki Murakami.

Dans Le meurtre du Commandeur, le narrateur est un peintre portraitiste à Tokyo, un homme qui a une vie des plus classiques. Quand sa femme lui annonce qu’elle le quitte, il a la sensation que toute sa vie s’effondre. Il reçoit l’autorisation d’un ami de s’installer dans la maison de son père, ancien peintre nihonga à la retraite qui vit désormais dans une résidence médicalisée. À partir de ce moment, le narrateur va faire des rencontres et des expériences de plus en plus étranges, à la frontière de la réalité.

Ce que j’ai toujours apprécié chez Murakami, c’est son excellente maitrise du rythme d’une histoire. Cet auteur sait déployer une ambiance, des personnages intéressants et humains, et un scénario sur un temps mi-long sans jamais lâcher son fil rouge. Il prend son temps, s’autorise à développer des arcs narratifs secondaires et même à placer des passages totalement gratuits, sans pour autant perdre l’intérêt du.de la lecteur.rice. Ce rythme pourrait sembler un peu lent aux lecteur.rice.s qui ont l’habitude de ne lire que des polars. Ici, on ressent le passage de la vie, des choses parfois inutiles, des moments vides et des pensées parfois poussives qui traversent l’esprit de chacun.e.

L’autre chose que j’adore chez Murakami, c’est son talent de conteur hors-pair, et sa maitrise du genre fantastique. Il connait à la perfection toutes les règles : l’apparition d’un élément incroyable dans un contexte ordinaire, l’incertitude perpétuelle de son héros.ïne, et l’impossibilité de se confier à des personnes extérieures. Encore une fois, dans ce roman, des choses étranges, mais jamais complètement délirantes, se produisent, et le protagoniste comme le.la lecteur.rice sont menés par le bout du nez d’un endroit à un autre. Un roman qui tient ses promesses.

Claire

Édition utilisée : Murakami Haruki, Le meurtre du Commandeur (t1 : Une idée apparait et t2 : La métaphore se déplace), 2018, Belfond (pour la traduction française), traduit du japonais par Hélène Morita avec la collaboration de Tomoko Oono.

2 réflexions sur “Le meurtre du Commandeur – Haruki Murakami

  1. Pingback: Haruki Murakami – Le Meurtre du Commandeur (Livre 1) | Sin City

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