No Home – Yaa Gyasi

No Home, de Yaa Gyasi, raconte l’Histoire de l’esclavage et de la colonisation des Ashantis et des Fantis, deux peuples originaires de ce que nous appelons aujourd’hui le Ghana, à travers la « petite » histoire de deux lignées parallèles, qui vivent tous les maux liés à leur couleur de peau, aux Etats-Unis ou dans l’Ouest de l’Afrique.

En effet, Effia et Esi, nées de la même mère, connaissent des destins différents : l’une épouse un capitaine blanc qui s’occupe de la traite des esclavages à Cape Coast, l’autre est capturée et envoyée de l’autre côté de l’Atlantique… De ces deux femmes naissent deux lignées d’hommes et de femmes, dont les destins sont plus ou moins frappés par les coups de la fortune, mais qui subissent toujours un joug et ne s’en libèrent (parfois) qu’à la force de leurs poings ou de leur volonté.

No Home est un roman prenant et divertissant. J’ai beaucoup aimé le concept des suivre deux lignées, concept qui existe dans bien d’autres romans et qui permet de façon très explicite de faire passer les « symboles marquants » (peut-on appeler cela le « destin » ?) d’une famille de génération en génération : on retrouve par exemple ce concept dans le très connu Cent ans de solitude, de Gabriel Garcia Marquez. Je dois cependant dire que l’art de Yaa Gyasi est remarquable dans le cadre qu’elle a choisi, de ce roman transgénérationnel. Chaque chapitre donne un aperçu d’un personnage, en alternant entre les lignées d’Effia et d’Esi, mais cela ne m’a jamais donné une impression d’artificialité. Au contraire, j’ai beaucoup aimé la diversité des personnages et des situations. À chaque fois, le chapitre nous donne vraiment à voir un moment, nous laissant suffisamment d’indications (mais pas trop non plus) pour deviner le passé et anticiper le futur d’un personnage. Yaa Gyasi a vraiment cet art de la « vignette », qui rend chacun de ces chapitres pareil à une photographie, l’instantané d’une vie, lors d’une seconde décisive ou d’une journée quotidienne.

Le roman est plus gros qu’il n’en a l’air. Je me suis amusée, à un moment donné, à me faire la remarque que je m’attendais à quelque chose de plus court. Et pourtant, on ne s’ennuie pas ! L’identification aux personnages, à tous les personnages, est vraiment réussie ! Du livre, refermé depuis quelques jours, je garde encore en tête nombre de prénoms, de vies et de détails, comme si quelqu’un m’avait réellement dévidé à l’oreille l’écheveau de l’histoire de toute une famille. Une belle découverte. Je pense qu’on peut attendre encore de grandes choses de cette romancière.

Claire


Référence utilisée : GYASI Yaa, No Home, Calmann-Lévy, 2017 (pour la traduction française), traduit par Anne Damour

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s