Je sais pas – Barbara Abel

Un drame psychologique qui vous poussera dans les tréfonds les plus sombres de l’âme humaine et que vous n’arriverez pourtant pas à lâcher avant sa toute fin…

Cette sortie scolaire avait tout pour être parfaite : des enfants de cinq ans motivés comme jamais, une équipe enseignante énergique, une belle forêt où construire des cabanes… Jusqu’au moment où le drame survient : un enfant, Emma, manque à l’appel pour le retour au car. S’ensuit une fouille désespérée pour retrouver la fillette dans cet environnement devenu menaçant. Quand ils finissent enfin par la voir apparaitre, c’est au tour de son institutrice, Mylène, de manquer à l’appel… Tout laisse à penser que la petite fille à croiser son institutrice. Et pourtant… Emma est enfermée dans un mutisme dont ses seules réponses sont « Je sais pas ». Se pourrait-il que, derrière cette figure angélique, soit tapi un démon ?

J’ai été fascinée par ce roman, mais surtout par ses personnages. Ils ont tous les ingrédients pour déplaire au lecteur : adultère, rigidité, faiblesse et j’en passe. Cependant, on s’étonne plus d’une fois au cours du récit d’avoir de la compassion pour eux, de partager leurs angoisses. Parce que ce n’est pas leur caractère qui nous attache à eux, mais l’universalité de leurs sentiments : comment ne pas être touché par l’angoisse d’une mère croyant avoir perdu sa fille ? Par l’impuissance d’un père qui voit sa famille voler en éclats ? Au fur et à mesure du roman, notre vision des personnages se nuance, connait des changements soudains, jusqu’au coup de théâtre final !

Barbara Abel maitrise l’art du suspense comme peu savent le faire. Les revirements de situations se succèdent, maintenant le lecteur en haleine jusqu’au point final de l’histoire. Des obstacles s’acheminent dans le parcours des personnages. Le lecteur voit sa position évoluer au fur et à mesure du récit : tantôt complice du narrateur, tantôt témoin extérieur, rien ne semble jamais certain. L’auteur se réapproprie les codes du genre policier pour y ajouter une dimension psychologique qui renforce la teneur du récit et éloigne le lecteur du sentiment de « déjà-vu ».

Barbara Abel aura été une très belle découverte, de celles qui vous prennent aux tripes. Je sais pas est la promesse d’une bonne lecture, d’une délicieuse angoisse, de moments de stupéfaction, pour tous les amateurs de romans policiers !

Alice

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