Alexis Zorba – Nikos Kazantzakis

Zorba le Grec… Si ce nom vous dit quelque chose, c’est parce que ce personnage est entré dans l’imaginaire collectif comme le représentant par excellence de « l’esprit grec », supposément paillard et violent, danseur et généreux, qui cueille le jour avec une facilité déconcertante… Alexis Zorba, c’est un classique, et j’avais envie de me faire ma propre idée sur ce roman et son personnage principal…

Le roman raconte les péripéties, sur la côte crétoise, d’un duo improbable, composé d’un jeune intellectuel, enfermé dans ses pensées, ses livres et le détachement de soi, toujours en quête d’abstraction et de transcendance, et d’Alexis Zorba, ce drôle d’oiseau ! L’homme est un Macédonien d’une soixantaine d’années, qui a roulé sa bosse dans tous les Balkans et qui a, sa vie durant, mis en œuvre une sagesse épicurienne pour profiter de chaque moment. Mais Zorba, comme chacun, se sent concerné par les grandes questions humaines : la vraie justice existe-t-elle ? Dieu n’est-il qu’un imposteur sadique ?  la vie n’est-elle qu’un éternel recommencement ? qu’est-ce que l’amour ? À travers ses conversations avec le narrateur et sa façon naturelle d’appréhender la vie, il permettra au jeune intellectuel de retrouver un regard neuf sur l’humanité. Alexis Zorba est donc loin d’être une caricature d’épicurien simple d’esprit.

Alexis Zorba n’a pas seulement un propos philosophique, il pose aussi un regard sur la société crétoise de l’époque. Je n’ai pas lu le roman d’une façon anthropologique (c’est-à-dire, en imaginant que la vie des villageois d’y il y a septante ans était exactement celle qui est décrite dans le roman), car je pense que ce serait une erreur, tant toutes les situations sont tirées à l’extrême par un humour très dense, avec un côté presque « buddy comedy » (avec la présence de ce duo inattendu). Car oui, j’ai énormément ri en lisant Alexis Zorba ! Ma seule critique vis-à-vis de ce roman pourrait être son côté très « vieille littérature » ; on ressent beaucoup qu’il a été écrit dans les années 1940, que ce soit à travers les tournures de phrases, les péripéties, l’espace ridicule laissé aux personnages féminins… Cependant, ça ne m’a pas du tout entravée dans ma lecture, je me suis laissée embarquer dans l’histoire !

Kazantzakis avait des choses à dire, et une plume et, à notre époque encore, il est possible de se plonger dans la lecture d’Alexis Zorba et d’en ressortir convaincu !

On dirait que je suis repartie dans des classiques ces derniers temps… Et vous, que lisez-vous en ce moment? 🙂

36 Kazantzakis

Édition utilisée : KAZANTZAKIS, N., Alexis Zorba, 1946. Pour mon édition française: 1990, Presses Pocket (Univers Poche), Paris, traduit du grec par Yvonne Gauthier avec la collaboration de Gisèle Prassinos et Pierre Fridas.

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