Sept yeux de chats – Jae-hoon Choi

Qu’ont en commun les situations suivantes : six membres actifs d’un forum dédié aux tueurs en série qui se retrouvent dans un chalet pour se découvrir IRL et passer un week-end de détente, le thème de leur passion s’y prêtant particulièrement bien ; un écrivain qui reçoit un coup de téléphone de la part d’un de ses personnages ; et une actrice de seconde zone qui doit faire face à un spectateur obsédé par l’idée de lui offrir une mort à la hauteur de son talent perdu ? Sept yeux de chats !

Sept yeux de chats n’est ni un roman classique, ni une série de nouvelles ; c’est un « roman des romans », à la hauteur du mystère de l’épigraphe que Jae-hoon Choi a choisi de placer au tout début du parcours du lecteur…

En ouvrant la porte de chez moi,

J’ai vu sept yeux de chats briller dans le noir.

Je n’ai que trois chats,

Un blanc, un noir et un tacheté.

Je n’ai pas osé allumer la lumière.

Nous plongeons dans le mystère et le fantastique ! Si le premier chapitre semble innocent, nous (lecteurs) nous rendons vite compte que les choses ne seront pas si simples… Jae-hoon Choi ne nous propose pas un récit clairement déterminé, mais un enchevêtrement d’histoires qui se répondent les unes aux autres. L’important ici est le récit ! Peu à peu, aux détours des différentes histoires, le lecteur croise des éléments qui deviennent familiers, puis des motifs : jeux sur le double, la vengeance, le labyrinthe et la perte de repères…

Ce roman-puzzle ou roman-labyrinthe (l’auteur préférerait sûrement) n’est pas un livre à lire, mais à relire ; difficile en effet de tout y comprendre d’une seule traite ! Le jeu des motifs nécessite une attention de tous les instants et, peut-être, une analyse plus fine. Si l’intérêt est très souvent présent, parfois, un léger agacement ressort de cet embrouillamini d’histoires et de personnages ; mais ce roman n’a pas son pareil pour intriguer et nous faire (nous lecteurs) fouiner, participer et trouver ! Évidemment, il ne s’agit pas d’un livre de pure détente. Si vous attendez le dernier polar facile à déguster au bord d’une piscine, passez votre chemin ! Il faut faire la démarche d’aborder et d’apprivoiser Sept yeux de chats, mais une fois ce premier pas fait, vous ne ressortez pas déçus de votre lecture !

26 Choi

Édition utilisée : CHOI, J., Sept yeux de chats, 2011. Pour l’édition française : 2014, Éditions Philippe Picquier, Arles, traduit du coréen par Lim Yeong-hee et Françoise Nagel

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