Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés – Arto Paasilinna

Nous revoici en Finlande ! Ma dernière étape là-bas, avec le plutôt sympa Avec joie et docilité, de Johanna Sinisalo [Avec joie et docilité – Johanna Sinisalo], m’avait laissé un bon souvenir ! Décidément, ils aiment jouer de l’imagination indocile, dans ce pays !

Arto Paasilinna est apparemment un des auteurs finlandais les plus connus à l’étranger (auteur d’une quarantaine de romans, tout de même !) Personnellement, je l’ai découvert avec ce roman, qui joue avec les codes de la comédie d’aventure dans l’environnement des années 1980. Je m’explique : Viljo Surunen, un professeur d’université finlandais, parraine via Amnesty International Ramón López, un prisonnier d’opinion enfermé depuis plusieurs années dans une prison d’état du Macabraguay (pays imaginaire d’Amérique du Sud, si jamais vous vous demandiez…) Nous sommes en pleine guerre froide, le Macabraguay est orienté plein nord, c’est-à-dire allié avec les États-Unis et en pleine expansion d’un capitalisme sauvage, où les nantis s’enrichissent à outrance et où le reste de la population vit dans des bidonvilles… Ramón López, professeur de gauche, a eu l’audace de penser différemment du pouvoir en place, et est donc condamné à moisir dans une cellule sans procès… Ajoutons qu’au Macabraguay, il y a des coups d’état toutes les deux semaines et que les présidents et généraux en place se succèdent à une vitesse effrénée (bien que toujours de droite radicale). Un jour, Surunen, las de signer des pétitions dans son salon, décide de partir au Macabraguay pour tenter de libérer personnellement son protégé…

L’humour absurde est une part essentielle de ce roman. Il s’agit d’un roman d’aventures, certes, mais plutôt à la façon d’un Tintin. Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés, m’a en particulier fait penser à l’album « Tintin et les Picaros », où on trouve le même délire de république bananière et de coups d’état tous les dix jours… L’humour absurde m’a fait aussi énormément penser au film « La loi de la jungle » (réalisé par Antonin Peretjako, 2016 ; si vous ne l’avez pas encore vu, foncez-y !) Mais c’est ici que le bât blesse… Le roman est drôle, au début ; après, il devient long… Alors que, dans un support plus court (une bande dessinée ou un film), ce genre d’humour est parfait, le lecteur de Moi, Surunen, se fatigue vite et suit d’un œil de plus en plus ennuyé les péripéties de Surunen. Dommage, mais le roman fait 350 pages, et j’ai ressenti un vrai manque de rythme, alors que mon intérêt diminuait petit à petit pour les aventures du héros…

Par rapport au sous-texte politique, je n’ai pas vraiment pu dégager un parti-pris… Paasilinna se moque de tous, des dictatures comme des Européens signant des pétitions et souhaitant la paix dans le monde, et je n’ai pas eu l’impression qu’il souhaitait faire passer un réel message politique.

À la fin, qu’est-ce que je retiens de ce roman ? Malheureusement, des bonnes intentions, et une série de péripéties un peu poussives… Pas ma lecture préférée de cet hiver.

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Édition utilisée : PAASILINNA, A., Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés, 1986. Pour l’édition française : 2015, Éditions Denoël (Gallimard), Paris, traduit du finnois par Anne Colin du Terrail.

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