Canada – Richard Ford

Pourquoi le changement de ciel et de lumière me mettait-il d’humeur à accepter mon sort, et pourquoi le permettait-il mieux que la conscience du temps qui passait, je ne saurais le dire. Mais je l’ai toujours vérifié au fil des années, depuis l’époque du Saskatchewan.

Il se peut qu’être un enfant de la ville (en ville c’est le temps qui passe qui compte le plus) transplanté du jour au lendemain dans un lieu désert inconnu, parmi des gens dont je ne savais pas grand-chose, m’ait assujetti davantage aux forces naturelles qui se faisaient l’écho de mon vécu intime et me le rendaient plus tolérable. Par rapport à ces forces – Terre qui tourne, Soleil qui traverse le ciel plus bas dans sa course, vents gonflés de pluie, arrivée des oies – , le temps du calendrier, invention humaine, passe à l’arrière-plan, et c’est bien ainsi.

Dell Parsons, un garçon de quinze ans, vit dans une famille normale ; ni très sociables, ni très entourés, ses parents, sa sœur et lui forment un petit cocon qui protège et enferme à la fois… Mais du jour où ses parents décident que braquer une banque est peut-être la meilleure décision à prendre pour leur futur, Dell est forcé de prendre le chemin du Canada pour éviter de se retrouver à l’orphelinat. Là, dans un coin perdu du Saskatchewan, Dell va découvrir un nouveau monde ; un monde où personne ne prendra soin de lui à sa place…

Ce roman était sur ma pile de lectures depuis un an environ. Un proche me l’avait conseillé et prêté en chantant ses louanges ; peut-être attendais-je trop de ce roman, pour pouvoir l’apprécier à sa juste valeur ? Toujours est-il que j’ai apprécié le roman, sans qu’il m’embarque complètement… L’histoire est détaillée, le personnage principal attachant, mais le manque d’action concrète m’a peut-être empêché d’apprécier ce roman à sa pleine mesure. En fait d’histoire, ce récit ressemble à un roman d’apprentissage. Dell écrit de manière rétrospective, alors qu’il est sur le point de prendre sa pension, et analyse l’événement le plus décisif et marquant de sa vie : le braquage de ses parents, et l’envol qu’il a été forcé de prendre après cet événement. L’accent est mis sur son innocence, son ignorance de la vie, des coutumes et des esprits retors des humains. On lit le début d’une vie qui se compose, un garçon qui devient un homme au sein des hommes.

L’étincelle de vie est très présente dans ce roman, qui m’a rafraichie et m’a dépaysée, mais ne m’a pas franchement surprise… Une lecture à réserver, peut-être, à l’été, dans l’idée de s’envoler loin de nos plages, vers l’Amérique du Nord…

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Édition utilisée : FORD, R., Canada, 2012. Pour l’édition française : 2013, Éditions de l’Olivier (Seuil), Paris, traduit de l’anglais (États-Unis) par Josée Kamoun.

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