Girls of Riyadh – Rajaa Alsanea

Girls of Riyadh est le récit de la vie de quatre amies dans l’Arabie Saoudite contemporaine, tiraillées entre traditions familiales et désirs de modernité, rêves et sacrifices…

Cette histoire ressemble à une saison de Gossip Girl, ou de Sex and the city, dans ses thématiques et dans sa forme. Une narratrice anonyme décide d’envoyer une série d’emails (qui ressemblent à des chapitres) à tous ses suiveurs, pour raconter la jeunesse de quatre amies, avec leurs joies et leurs malheurs. Ce genre d’histoire ne me plait pas trop, de prime abord. Suivre les problèmes et surtout les amours de filles ultra-riches est assez barbant… Néanmoins, je comprends le choix de ces filles : si l’auteure voulait parler de la vie des femmes contemporaines en Arabie Saoudite, il était peut-être plus facile de parler de filles issues d’une haute classe sociale, qui ont de l’éducation et quelque chose à dire, plutôt que de filles « du peuple ». Pourtant, j’aurais probablement davantage aimé un roman qui apporte le témoignage de femmes de différentes classes sociales.

Le roman se laisse lire facilement ; la forme (de courts emails) permet de s’arrêter quand on le désire. D’ailleurs, j’ai trouvé le propos plus intéressant dans les courts passages consacrés à la narratrice, que dans son récit sur les amours des quatre filles. Elle introduit ses chapitres en parlant de scandales, de poésie et de politique. Vers la moitié du livre, la narratrice signale que toute la société saoudienne, y compris les médias, parle d’elle et s’interroge sur son identité (serait-elle l’un des quatre personnages principaux de son histoire ?) J’aime l’idée de chambouler la société traditionnelle, le fait d’exposer de manière subjective le vécu et les problèmes de ses amies et, grâce à internet, de provoquer le débat sur ces agissements et sur la société saoudienne.

La narratrice parle : Everyone is condemning my bold writing, and perhaps my boldness in writing at all. Everyone is blaming me for the fury I have stirred up around “taboo” topics that in this society we have never been accustomed to discussing so frankly and especially when the open salvos come from a young woman like me. But isn’t there a starting point for every drastic social change?

La démarche est louable, mais l’intérêt du roman m’a paru un peu limité, et j’ai dû me forcer pour le terminer. Il faut faire un effort pour passer au-dessus des histoires de cœur, et s’intéresser à la valeur intrinsèque de ce témoignage sur une société qui coince ses filles (et ses fils !) dans une lourde tradition.

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Édition utilisée : ALSANEA, R., Girls of Riyadh, 2005. Pour l’édition présente : 2007, Penguin Books (Fig Tree), London.

SI vous souhaitez lire la version française, elle a paru en 2007 chez Plon.

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