Rebonjour – Notre quelque part – Nii Ayikwei Parkes

Salut à tous! Après plus d’un mois de repos au soleil et de lectures interminables, me revoilà pour critiquer des romans et des auteurs venus des quatre coins (coins d’une boule, oui oui…) de la planète! 🙂 Je recommence fort avec la critique de l’excellent Notre quelque part!

Dans un village ghanéen, resté relativement imperméable aux changements que la modernité a apporté à tout le pays, des restes sanguinolents sont retrouvés dans la case d’un homme disparu, Kofi Atta. Cette découverte va provoquer l’arrivée de la police de la capitale, ainsi que celle de Kayo, un jeune médecin légiste récemment revenu de Londres, où il a fait ses études. Au village, Kayo renoue avec la culture et les croyances populaires en écoutant les histoires de Yao Poku, le vieux chasseur, tout en restant déterminé à trouver une explication scientifique aux faits surprenants sur lesquels il enquête…

Notre quelque part (Tail of the blue bird, en version originale), de Nii Ayikwei Parkes, est pour moi une vraie réussite ! Premier roman de cet auteur né au Royaume-Uni de parents ghanéens, Notre quelque part a la fraîcheur et la fantaisie de la fable, l’intrigue d’un roman policier et la réflexion subtile de l’essai politique. Parkes entraine le lecteur dans une intrigue intéressante, qui mêle modernité du roman policier et traditions orales du Ghana. Les personnages sont sincères et attachants, et le soupçon de géopolitique introduit par Parkes, notamment dans son exploration du pouvoir, est passionnant ; en effet, la politique n’est jamais traitée directement, ou analysée de façon précise et tranchante, mais elle est ressentie de manière omniprésente dans tous les moments et les gestes des personnages.

Cet aspect est ce qui m’a le plus plu dans le roman, de même que le mélange des discours et des regards des personnages : le discours de l’histoire racontée, de la croyance ; celui de Kayo, l’enquêteur qui croit en la science et qui a un regard pragmatique sur les réalités de son pays (le problème de la corruption de la police et des élites) ; le discours officiel, enfin, qui s’empare de l’enquête pour en faire une affaire internationale, et certains personnages qui jouent de ce discours dans leur intérêt personnel. Ce pot-pourri de points de vue et de personnages permet au lecteur de lire un échantillon de la société ghanéenne contemporaine, avec ses réalités et ses défis.

Parkes explique sur son site internet (http://niiparkes.com/open/) que son thème de prédilection, dans ce roman, est la relation entre la nouveauté et l’ancien dans un pays en développement. Il accomplit parfaitement sa mission en explorant cette thématique de fond en comble, tout en offrant au lecteur une histoire de qualité. Il s’agit pour l’instant malheureusement du seul roman de Nii Ayikwei Parkes (mis à part un roman jeunesse, The parade). Je ne peux qu’espérer qu’il nous offrira dans le futur une autre œuvre à déguster comme j’ai dégusté Notre quelque part !

11 Parkes

SI vous voulez plus d’informations sur Nii Ayikwei Parkes, qui, pour ma part, m’a semblé être une personne et un performer très intéressant, en plus d’un écrivain prometteur, n’hésitez pas à faire un tour sur son site internet : http://niiparkes.com/open/

Édition utilisée : PARKES, N.A., Notre quelque part, 2009. Pour l’édition française : 2014, Zulma (éditions), Honfleur, traduit de l’anglais (Ghana) par Sika Fakambi.

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